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Interview de Sylvie VASSALO : directrice du salon du livre et de la presse jeunesse

jeudi 6 décembre 2007, par Rattana Hean


Malgré un « planning » chargé, Sylvie Vassalo la directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil nous accorde une petite interview après sa séance photo.

Bonjour. Vous êtes la directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Sylvie Vassalo : Je suis Sylvie Vassalo. Effectivement, je dirige ce salon et aussi l’association qui s’appelle le Centre de promotion du livre de jeunesse qui est l’organisatrice du Salon avec le Conseil Général de la Seine Saint Denis.

En tant qu’organisatrice, j’imagine que vous avez diverses tâches par exemple contacter les maisons d’édition. Votre travail dure-t-il toute une année ou seulement quelques mois ?

S. Vassalo : Non, cela dure vraiment toute l’année parce que ce salon c’est à la fois le panorama de toute l’édition de jeunesse en France, européenne et même une petite partie internationale. Il faut donc du temps pour contacter tout le monde mais aussi surtout il faut du temps pour travailler culturellement les propositions de ce Salon. Il y a 600 rencontres qui se déroulent ici, 1800 auteurs qui sont présents et cela prend du temps pour élaborer un programme pour savoir ce que l’on va proposer aux enfants qui viennent dans le cadre de leur école ou dans le cadre familial. Organiser une exposition de qualité, c’est surtout un long travail de préparation avec tous les partenaires du Salon.

Hormis le Salon du livre et de la presse jeunesse aujourd’hui, organisez-vous d’autres activités ?

S. Vassalo : On n’organise pas d’évènements aussi grands. Par contre, on fait circuler des livres dans les écoles et dans les bibliothèques. On fait beaucoup de formations, on organise des expositions, des rencontres d’auteurs, des ateliers d’écritures... Donc, il y a beaucoup de médiations autour du livre, mais pas forcément sous la forme du Salon. Le Salon c’est le moment où toutes ces médiations se retrouvent et où naissent de nouveaux projets.

Peut-on se procurer le programme qui référence toutes les formations et les manifestations que vous faites durant toute l’année

S. Vassalo : On trouve un programme sur notre site internet qui permet de reprendre à la fois nos formations, mais aussi nos publications. On a beaucoup de petites publications qui permettent d’aller vers le choix des livres, des choix d’illustrateurs, etc. Donc tout cela peut se retrouver toute l’année sur notre site internet.

J’imagine que pour être dans la littérature jeunesse, vous êtes passionnée de livres jeunesse. Quels sont ceux qui vous ont marqués ?

S. Vassalo : Oui forcément quand on travaille dans ce domaine-là, c’est parce qu’on aime les livres de jeunesse. Moi, le premier livre qui m’a marqué c’était le petit Larousse illustré quand j’étais toute petite. Et cela me touche encore de voir que c’est un livre qui existe toujours. Bien sûr, aujourd’hui, c’est certainement un livre qui est moins en rapport avec la manière dont les enfants voient les images. Dans les livres qui m’ont marquée dans le temps, il y a par exemple Loulou de Solotareff, l’album d’Adèle de Claude Ponti. Dans ceux qui m’ont marquée cette année, il y a le Baobab de l’album qui est remis ici à Montreuil, « La fille des batailles » de François Place, « Le tour du monde de Mouk » de Marc Boutavant, « Dans moi » de Kitty Crowther (qui est véritablement un très beau livre), « Comment la mort est revenue à la vie » de Muriel Bloch et Atak. Il y a beaucoup de beaux livres ici, c’est difficile pour moi d’en sélectionner simplement quelques-uns.

On parle beaucoup du livre virtuel. Pensez-vous que cela porte préjudice au livre papier ?

S. Vassalo : C’est difficile de faire de la prospective pour moi. C’est sûr que l’évolution des technologies de l’information fait bouger le milieu du livre. Cela le fait déjà bouger ici. Par exemple, il y a un espace multimédia autour de la littérature donc il y a de multiples façons d’intégrer la technologie autour du livre. J’ai quand même l’impression que le livre papier a des vertus sensuelles, que l’on ne pourra pas s’en passer, ce qui ne veut pas dire qu’à côté de lui, avec lui, en relation avec lui, qu’on ne retrouve pas d’autres formes de livres et notamment des livres numériques avec de l’encre numérique, etc. Le développement du livre numérique réside surtout au niveau des ouvrages d’information et de documentation moins pour ce qui relève de la littérature... Ce domaine commence à être touché. Je crois plutôt qu’il y aura une complémentarité des deux plutôt que vraiment l’extinction de l’un par rapport à l’autre.

Cette année, le Royaume-Uni est l’invité d’honneur du Salon. Pourquoi ce choix ?

S. Vassalo : Parce que c’est un pays de littérature jeunesse parmi les plus grands. On ne peut pas dire qu’il a tout inventé, mais en tout cas c’est un pays où les auteurs ont inventé beaucoup de choses qui nous marquent vraiment ici. Donc, on avait envie de rendre hommage à cette grandeur-là. Dans ce pays, la littérature jeunesse est très forte dans le domaine du réel et mais aussi dans celui du fantastique. Et je crois qu’il y a un lien entre les deux... dans ce lien on trouve leur liberté d’imagination, la force de leur écriture, la force de leur scénario. 20 auteurs anglais vont se succéder pendant 6 jours aussi bien des auteurs très connus comme Quentin Blake ou Philip Pullman que des auteurs moins connus comme Gemma Malley qui présentent leurs premiers livres ici. Et ce que nous avons voulu faire : montrer la diversité de ces auteurs.

On retrouve aussi des pays inattendus comme par exemple le Maroc… Comment la littérature jeunesse se développe-t-elle là-bas ?

S. Vassalo : Ce que l’on a voulu faire, c’est permettre à notre public ici de découvrir des maisons d’éditions, des auteurs de tous les pays du monde. On vit à l’ère de la mondialisation et cela nous semble très important de s’enrichir de l’ensemble des cultures du monde. Et le livre est un moyen idéal de dialogue et de partage. Donc, on avait des demandes d’éditeurs tunisiens, marocains, africains dans leur grande pluralité. Cela nous semblait intéressant non seulement de leur permettre d’exposer ici, mais de les regrouper pour que cela soit visible pour notre public.

Que pouvez-vous nous dire sur la fréquentation du salon ? Le public est-il plus nombreux chaque année ?

S. Vassalo : Cela m’est complètement impossible de vous le dire. La seule chose que je sais c’est que le public professionnel est plus nombreux. Cela, c’est une certitude puisqu’on a des statistiques sur internet. Le public scolaire est « quasiment » équivalent, peut-être un peu moindre parce qu’on essaye d’éviter que les flux d’enfants soient trop importants dans le salon. Quant au public familial, c’est difficile à dire parce que cela commence tout juste ce matin.

Sylvie Vassalo, je vous souhaite une bonne réussite pour cette 23e édition du Salon du livre et de la presse jeunesse et vous remercie pour votre disponibilité.

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